Rietstap: Introduction (1884) [fr]

Der nachstehende Text ist nicht von mir, sondern aus der Feder J.B. de Rietstapps. Er gab ihn 1884 dem ersten Band seinem Armorial Général bei. Er ist eine Kurzeinführung in die Wappenkunde, wie Rietstapp sie sah. Weil der AGR weit verbreitet war, gehe ich von einer grossen Wirkung aus.
Angereichert habe ich den Text um die Links:

  • Bei Zeichnungen, auf welche die ich denen Rietstapps nachempfunden habe,
  • bei heraldischen Begriffen, auf Beiträge in meinem eigenen Lexikon.

Auch nahm ich mir die Freiheit, den Satzbau mittels Aufzählungslisten etc. aufzulockern, so dass er am Bildschirm übersichtlicher und so leichter lesbar wird.


Il existe une différence notable entre les Armoiries et le Blason, entre le Blason et l’Art héraldique. C’est ce qui a été exprimé très nettement par M. Borel d’Hauterive à la page 345 de son Annuaire de la noblesse de France, année 1813, où il fait la remarque suivante:

“Il faut se garder de confondre, comme on le fait généralement, les Armoiries et le Blason. Les premières sont les figures et les devises dont est chargé l’écu; le blason est la description qu’on en fait verbalement. En d’autres termes, le Blason est une science, dont les Armoiries sont l’objet.”

L’Art héraldique, de son côté, a pour but de représenter aux yeux, par le moyen du dessin, de la peinture ou des arts plastiques, les diverses pièces dont les armoiries sont composées. Produits du moyen-âge, les armoiries doivent en porter l’empreinte et être traitées dans le style ornemental dont une des propriétés les plus frappantes est de donner aux objets quelque chose de massif et de conventionnel qui, tout en conservant leur forme générale, met en relief les traits saillants. C’est pourquoi aux bonnes époques de cet art, les ongle des lions, les cornes des bouquetins, les grilles des aigles etc. étalent fortement accentuées et recevaient des dimensions exagérées.

Ce n’est pas dire que ce type restait toujours immuable. Ainsi qu’à l’égard de toutes les autres institutions humaines, les variations du gout et de la mode firent valoir leur influence. Cependant, le caractère vraiment ornemental et architectural des armoiries, qui ne tolérait pas une représentation des objets sous leur forme parfaitement naturelle, se conserva pendant quatre siècles, depuis la fin du 11e ou le commencement du 12e jusqu’au milieu du 16e. Depuis, les bonnes traditions allèrent s’affaiblissant, jusqu’au 19e qui a été témoin de la décadence complète de cet art vénérable, dont il semble qu’on eut oublié même les principes les plus élémentaires. Les armoiries qui offrirent le spectacle écoeurant de lions pleins de mansuétude dont l’attitude chancelante fit supposer qu’Ils étaient pris de vin, de sauvages minés par la phtisie ou bien se pavanent en petits-maitres sauf le costume, d’aigles à l’air de serins de canarie, de casques en forme de melon ou de bonnet de nuit, inondèrent le monde. Enfin les paysagistes se mirent de la partie et fournirent des preuves de leur talent en esquissant des armoiries où des pécheurs à la ligne se perdaient eu rêveries sur des banc de gazon, où des villages entiers avec leur clocher et la maison du maire se dessinaient sur un horizon fuyant, où des rochers, couronnés de châteaux en ruines, encadraient des prés au-dessus desquels planaient des vautours, en quête de proie, tableaux d’après nature agréablement saupoudrés de gardes-champêtres, de cosaques galopants, de chasseurs tyroliens, ou, en faisant un retour vers l’antiquité, nous montrant Samson aux prises arec son lion et Daniel dans la caverne en compagnie d’une demi-douzaine de ces quadrupèdes peu sociables. Nous en passons, et des meilleurs: abominations héraldiques, de force à faire tomber à la renverse tous les hérauts des âges chevaleresques.

Vers la moitié de notre siècle, cependant, en revirement remarquable eut lieu. En Angleterre, en France, en Allemagne des hommes doués des vrais instincts archéologiques élevèrent la voix et protestèrent contre la dégénération où l’art héraldique était tombé. Ils se reportèrent aux époques qui avalent vu la naissance et l’apogée de cet art, et, copiant ou décrivant les modèles que le temps avait épargnés, ils prouvèrent qu’il fallait quitter les sentiers vicieux où l’on s’était fourvoyé pour retourner au grand chemin, tracé par les anciens artistes héraldiques qui, placés dans un milieu où les armoiries étalent encore une force vivante, en savaient bien plus long que nous autres. Ces érudits appelèrent l’attention sur les monuments, sur les décorations splendides non seulement des cathédrales, mais encore des humbles églises de village, sur les trésors artistiques des antiques hôtels de ville; ils insistèrent que l’on ne négligerait pas les dalles tumulaires, les tombeaux et mausolées, les tapisseries des siècles écoulés etc., et en premier lieu ils mirent en relief l’importance majeure de l’étude des sceaux du moyen-Age pour quiconque voudrait juger en connaissance de cause des vraies formes héraldiques. Les matériaux nécessaires à ces études ne font pas défaut dans les archives. Des milliers d’armoiries se sont perdues dans le cours du moyen-âge; on connait le nom des familles, mais non plus leurs armoiries; mais, au contraire, d’autres milliers existent encore en sceaux, et quoique l’on n’en connaisse plus les émaux, les armoiries qu’elles contiennent en contour sont d’un appui précieux pour les archéologues héraldistes.

C’est ici le lieu de combattre le préjugé invétéré que les armes parlantes seraient d’une moindre valeur que les armes non-parlantes. Les sceaux précitées, entre autres, montrent que presque le contraire est le cas. Aux premiers temps les figures des armoiries faisaient très souvent allusion aux noms ou prénoms du chevalier qui les adoptait ou aux noms de ses terres et châteaux. Parmi la plus haute noblesse de ces époques reculées les exemples d’armes parlantes sont assez nombreux.

Ajoutons, après cette petite digression, que ce mouvement, secondé depuis le vingt-cinq ans par la publication d’un grand nombre d’ouvrages où les principes, déduits d’un examen scrupuleux des sources précitées, étaient élucidés par la représentation des types héraldiques qui en offrirent les preuves, a eu pour résultat un retour dans la bonne voie que l’on peut observer surtout en Allemagne, et sur une moindre échelle en Angleterre et dans quelques autres pays, ce qui n’empêche pas qu’ils s’en faut encore de beaucoup que les bons principes aient pénétré partout.

Il suffit pour notre but d’avoir indiqué en quelques mots ce qui constitue l’art héraldique proprement dit. Notre Armorial, ne donnant que des descriptions d’armoiries, appartient au domaine du Blason, et les quelques pages qui vont suivre en contiennent les

Notions élémentaires.

Les armoiries sont composées

Puis on a

I Écu.

La forme de l’écu est arbitraire; triangulaire au moyen-âge (Pl. VII, 3, 5, 6, 2124), il a reçu dans la suite des contours variés et même très-extraordinaires (quelques exemples à la Pl. VII, 1, 2, 6, 7, 8, 26, 27,28) et porte actuellement presque partout la forme que nous avons adoptée dans nos planches (I, 221 et suivantes). Un écu bien proportionné doit avoir sept parties de largeur sur huit de hauteur.

La surface de l’écu dans laquelle se trouvent les figures, est appelée le champ. Ce champ peut être divisé en deux ou plusieurs partitions au moyen de lignes tirées en sens divers. Ainsi on a:

La combinaison de ces lignes produit d’autres divisions, dites répartitions. Ainsi la ligne verticale et la ligne horizontale forment l’écartelé (II, 30); chacun des compartiments ainsi formés s’appelle un quartier. La combinaison des deux lignes diagonales produit l’écartelé en sautoir (II, 34.)

Un écu peut avoir plus de quatre quartiers: c’est alors le résultat de l’emploi d’un plus grand nombre de lignes. Un trait horizontal et deux traits verticaux, on bien un seul trait vertical et deux traits horizontaux, produisent six quartiers. On dit alors, en termes héraldiques: “Parti de deux traits, coupé d’un autre qui fait six quartiers”,- ou, “parti d’un trait, coupé de deux autres qui font six quartiers.” Et ainsi de suite, pour un plus grand nombre de quartiers.

la réunion du parti, du coupé, du tranché et du taillé produit le gironné ordinaire (II, 39) Le gironné peut avoir plus ou moins de huit girons ou compartiments, ce qui dépend de l’emploi d’un nombre de lignes plus grand ou plus petit (II, 41,43 .) Le gironné qui est le résultat d’en nombre de lignes impair, se dit mal-gironné.

II. Émaux.

les couleurs en armoiries s’appellent émaux et sont indiqués en gravure par des hachures de diverses sortes, que nous avons fait représenter à la Planche. I, 1.

Lesdits émaux consistent en:

  1. deux métaux:
    • or (A), représenté par des points,
    • et argent (B), représenté par une surface unie sans aucune hachure;
  2. quatre couleurs:
    • gueules, ou rouge (G, traits verticaux);
    • azur ou bleu (D, traits horizontaux);
    • sable, ou noir (E, lignes verticales et horizontales croisées);
    • sinople, ou vert (F, lignes diagonales).

    On y ajoute

    • le pourpre (G, lignes diagonales dans la direction opposée à celles du sinople),
    • et l’orangé (pour lequel on n’a pas de système de hachures généralement admis);
  3. quelques fourrures:
    • hermine (H), qui est un champ d’argent semé de petites queues de sable;
    • vair (I) composé de pièces en forme de clochettes alternativement d’argent et d’azur ;
    • dans le contre-vair (K) les pièces du même émail sont opposées par leurs bases.

    (Voyez encore dans le Dictionnaire l’article Vair); le contre-hermine consiste en un champ de sable semé de petites queues d’argent.

Dans une grande quantité d’armoiries, surtout allemandes, on voit d’autres teintes telles que: la couleur de sang, de fer, d’acier, d’eau, du terre, la couleur cendré, la couleur brunâtre, la carnation ou couleur du corps humain, la couleur naturelle d’objets de toute sorte. Il a y pas de système universellement adopté pour indiquer ces nuances en gravure au moyen de hachures déterminées.

Suivant les lois héraldiques, il faut que les meubles soient de couleur lorsque le champ est de métal, ou qu’ils soient de métal lorsque le champ est de couleur. Les exceptions à ces lois sont néanmoins très nombreuses, Le pourpre et les fourrures se mettent indifféremment sur métal ou sur couleur.

III. Figures.

On peut les diviser en trois grandes catégories: pièces héraldiques, figures héraldiques et figures ordinaires

  1. Les pièces héraldiques sont formées par des traits qui presque toujours parcourent le champ entier. Telles sont:

    etc.

    Les anciens auteurs fixaient la hauteur ou la largeur des principales pièces héraldiques à un tiers de l’écu, ce qui en fait des corps trop lourds. En leur donnant un quart de la hauteur de l’écu, on obtient une meilleure proportion par rapport à la dimension du champ.

    On donne le nom de rebattements à des traits combinés de manière à produire une multitude de divisions régulières qui couvrent tout l’écu, comme

    etc.

  2. Les lignes qui forment les partitions et les figures héraldiques ne sont pas toujours des lignes droites. Elles peuvent être

    etc.

    Au nombre des figures héraldiques se rangent

  3. Les figures ordinaires subissent une division en figures:
    1. naturelles: tout ce qui a été créé, hommes, animaux, plantes, astres, météores, éléments, etc:,
    2. artificielles: tout ce qui a été fait de main d’homme;
    3. chimériques: les monstres, tels que

      etc., etc. Souvent ces monstres et même des animaux sont représentés à queue de poisson et se disent alors marinés: ainsi on a des lions, griffons, licornes, coqs marinés, etc.

IV. Timbre.

Sous ce nom collectif de tout ce qui se place au-dessus de l’écu des armes, on comprend: le casque ou heaume, le cimier (les figures ou objets que l’on porte sur le casque), et les lambrequins (étoffes découpées-qui voltigent autour du casque).

V. Brisures.

La brisure et un changement dans les armoiries pour distinguer les branches d’une même famille entre elles. Les modes de briser, en usage dans des temps et des pays différente, étaient de nature diverse. On brisait :

  1. par le changement de toutes les pièces des armoiries en conservant les émaux des armes originaires;
  2. par le changement des émaux, en conservant les pièces;
  3. par l’augmentation ou la diminuation du nombre des pièces;
  4. par le changement de la situation de quelque figure;
  5. par l’addition de pièces nouvelles;
  6. par un changement dans la forme des figure;
  7. par le changement du cimier.

Tous ces modes de briser tombèrent bientôt en désuétude, à cause de la grande confusion qui en était le résultat. Seul, le cinquième mode qui consiste dans l’adjonction d’une pièce peu importante telle qu’une étoile une molette, une coquille, une quintefeuille, un canton, qui n’altère pas considérablement l’armoirie, s’est longtemps maintenu; cependant, même ce genre de brisure se borne aujourd’hui à l’addition d’un lambel dans les armes de quelques maisons souveraines, et d’un croissant ou d’une étoile dans celles de la haute noblesse britannique.

VI. Tenants et Supports.

Ce sont les figures hors de l’écu, qui semblent le tenir. Les figures humaines s’appellent Tenants, les animaux reçoivent le nom de Supports. Dans les cas qu’un écu est tenu par une figure humaine et un animal, ou les nomme tous deux Tenants.

VII. Cri, Devise et Légende.

Le Cri et l’ancien cri de guerre, inscrit sur un ruban ou listel flottant au-dessus du cimier. Communément le cri n’était autre chose que le simple nom de la famille ou bien de la maison dont elle était issue.

La Devise, bien plus commune que le cri, est généralement une sentence conclue qui trouve sa place sur le ruban au-dessous de l’écu.

La Légende est une sentence encore plus brève, qui se place sur un listel au-dessus du Cimier.

VIII Manteau et Pavillon.

Le Manteau n’est guère en usage que pour y mettre l’écu des armes des familles princières. Le Pavillon, espèce de baldaquin qui couronne le manteau, est exclusivement réservé aux souverains.

A vrai dire, un écu couvert d’un émail tout uni et sans aucune figure, constitue à lui seul une armoire parfaite. On en trouve plusieurs exemples. Tous les autres attributs que nous avons décrits contribuent à la diversité et au luxe d’une armoirie, mais ils ne sont pas indispensables.

Observations.

En langage héraldique la droite et la gauche s’appellent dextre et senestre. Il faut faire attention que le côté dextre d’une armoirie se trouve à la gauche du spectateur, et le côté senestre à droite. Cet usage, établi de temps immémorial, provient de ce que les armoiries étaient brodées sur la côté d’armes et peintes sur le bouclier du chevalier. Dans cet ordre de faits, le côté gauche de l’armoirie se trouvait exactement au côté gauche du chevalier, et le côté droit à sa droite.

Dans la description des armoiries on se sert des termes: du premier, du champ, du même, du second, du troisième, du dernier (sous-entendu émail), etc. pour éviter la répétition malsonnante d’émaux déjà nommés:

  • Ainsi, au lieu de dire: “d’or au chevron de gueules, chargé de trois étoiles d’or,” on dira “trois étoiles du champ.
  • Au lieu de: “palé d’or et d’azur, à la fasce d’or brochante,” on dira: “à la fasce du premier brochante.
  • Au lieu de dire: “d’or au chevron de gueules, accompagne de trois étoiles de gueules,” on dira: “trois étoiles du même.
  • En ainsi dans les autres cas.

La position ordinaire des animaux et objets est de regarder le flanc dextre de l’écu. S’ils se tournent vers le flanc senestre, ils sont contournés.

Presque toujours les figures sont disposées dans un ordre déterminé.

  • Une seule figure occupe l’abime (centre) de l’écu;
  • trois figures sont posées 2 et 1, c’est-à-dire deux en chef et une en pointe de l’écu;
  • quatre figures, 2 et 2 (aussi appelé cantonné);
  • cinq figures, 2, 1 et 2 (dit en sautoir);
  • six figures, 3, 2 et 1 ;
  • neuf figures, 3, 3 et 3;
  • dix figures, 4, 3, 2 et 1.

Ces positions sont tellement établies et acceptées qu’il n’est nécessaire d’exprimer que celles qui en différent.

Une pièce, accompagnée d’autres objets en nombre, est posée au centre de l’écu; ainsi, quand on dit: “d’argent à une losange de gueules, accompagnée de trois fleurs-de-lis d’azur,” la losange occupe l’abime ou le centre de l’écu et les fleurs-de-lis sont posées 2 en chef et 1 en pointe. Lorsqu’un chevron ou une fasce est accompagnée de trois objets, deux se posent en chef et le troisième en pointe. Une fasce est-elle accompagnée de six figures, trois sont rangées sur une même ligne en chef et les trois autres sur une même ligne en pointe.

Deux, trois ou plus de figures posées sur un chef ou sur une fasce sont rangées côte à côte, s’il n’est indiqué autrement.

Le nombre ordinaire des pièces du fascé, palé, bandé, barré et chevronné est de six; celui du burelé, vergetté, coticé en bande ou en barre est de dix. Nous n’indiquerons que les nombres qui en différent.

Si nous nous sommes abstenus de décrire la forme et d’indiquer le métal des casques ou heaumes, c’est que les représentations d’une même armoire faites à diverses époques présentent des casques tout-à-fait différents. En général le casque actuel est d’argent ou d’acier poil, grillé et liseré d’or, et doublé ou fourré d’une étoffe rouge, quelquefois bleue, noire ou verte.

Mais ni la forme, ni le nombre de ses grilles, ni la couleur de sa fourrure n’est d’importance majeure; tout cela changeait dans le valus des siècles, comme il appert de l’étude des sceaux etc. De forme cylindrique, sans grâce aucune, aux 12e, 13e et 14e siècles, le casque obtint au 13e celle qu’on se plait à appeler, entièrement à tort, heaume des nouveaux anoblis et qui est connu en allemand sous le nom de Stechhelm, casque des joûtes. Plus tard il prit la forme ronde que nous lui connaissons, recevait des grilles en plus ou moins grand nombres, selon la fantaisie des dessinateurs; et les exigences de la mode du temps, et s’appelait casgue de tournoi. La position du casque est également indifférente. Qu’il soit posé de front ou bien taré de profil ou de trois quarts, aucune signification réelle ne s’y attache. L’attitude du cimier doit décider. Si le cimier est une figure vue de profil ou de trois quarts, il faut mettre le casque de profil ou de trois quarts. Le casque étant mis de front, le cimier devrait être placé de telle manière qu’on le verrait également de front. Ainsi, un lion issant, vu de profil, exigerait un casque posé de profil; si l’on voudrait poser le casque de front, ledit lion devrait se présenter également de front, c’est-à-dire vu de face, étendant ses pattes à dextre: et à senestre. Ceci explique pourquoi un vol, par exemple, est tantôt ouvert, tantôt fermé ou à l’antique. Sous le premier aspect il ne peut se présenter que sur un casque posé de front; il prend le second sur un casque posé de profil, parce qu’alors l’une des ailes est cachée par l’autre.

Le cimier doit reposer sur le casque, Ce que comporte sa nature. Une étoile, par exemple, qu’on poste en cimier et qui se balance dans les ailes au-dessus du casque, est une absurdité moderne, qui n’a jamais pu se produire aux temps où les armoiries étaient une réalité. Un chevalier, qui eut porté une telle étoile, l’en fait fixer au sommet de son casque. Il était impossible de la faire voltiger dans l’espace sans aucun soutien.

Les couronnes, indiquant un rang nobiliaire déterminé, sont inadmissibles sur les casques. Le moyen-âge ne les a pas connues. Bien que l’usage des couronnes sur les casques, d’abord entièrement inconnu même parmi la plus haute noblesse, destin de plus en plus fréquent, on ne au servait que de la forme ordinaire, celle à trois fleurons. Dans les deux derniers siècles on a pris souvent une couronne à cinq fleurons. Mais quand on veut se servir de la couronne, affectée spécialement à quelque rang nobiliaire, on doit la poser immédiatement sur le bord supérieur de l’écu, qui alors ne peut plus porter de casque tel de cimier. Il faut faire son choix: ou la couronne nobiliaire seule, nu le casque avec son cimier. Il est contraire aux bonnes traditions héraldiques de porter à la fois et la couronne nobiliaire et le casque. Ce serait comme qui entasserait deux couvre-chefs l’un sur l’autre.

Les armoiries subirent comme toute autre chose l’influence du milieu et de l’époque où elles se produisirent et changèrent de forme selon l’esprit du temps. C’est pourquoi il ne faut pas s’imaginer que tel type devra être considéré comme inviolable et qu’il serait détendu d’y apporter aucune modification: une aigle au vol abaissé est précisément la même chose qu’une aigle au vol levé; seulement, la première est un type moyen-âge et l’autre un type moderne (*). Aux premiers temps on représentait toute aigle avec les ailes tournées en bas et dans les temps postérieurs ou se plaisait à le diriger vers le chef de l’écu. La seule condition était que cela devait toujours rester une aigle, qu’il n’aurait pas été permis d’en faire un lion ou quelque autre emblème, tout-à-fait différent, et que le tout devait être traité en style ornemental.

La même liberté d’exécution doit régner à l’égard des tenants et supports. Qu’un griffon porte la queue relevée ou bien passée entre ses jambes, qu’un sauvage appuya sa massue mur son épaule ou la fasse reposer sur le sol, que ces fleures se regardent ou bien retournent le tète, qu’elles soient posées sur une arabesque ou sur une terrasse, tout cela est au fond chose indifférente, ou plutôt affaire de gout, ce qui s’applique également aux couleurs qu’on voudra donner au listel qui porte une devise et aux lettres dont celle-ci se compose. La preuve de ce que nous avançons se trouve dans les représentations d’une même armoirie, faite à différentes époques. Quand on est dans le cas de pouvoir faire ces études comparatives, on se convaincra aisément qu’aux bonnes époques nulle fixité n’était observée.

Nous n’ayons indiqué les émaux des lambrequins et bourlets que lorsque ces émaux diffèrent de ceux de l’écu. Quand l’armoirie n’a que deux émaux ou deux principaux émaux, bourlet et lambrequins sont de ses mêmes émaux, sauf quelques cas exceptionnels.


(*) Nulle part celle modification progressive ne s’accuse d’une manière plus curieuse et plus instructive que dans quelques armoiries allemandes ou figure un casque comme meuble dans l’écu. De forme cylindrique sur les sceaux qui datent du moyen-âge, il change en casque fermé dans les représentations d’un ou deux siècles plus tard, pour prendre enfin la forme des casques de tournoi à grilles, qui est restée définitive, pour la bonne raison que le casque héraldique n’a pas subi de changement ultérieur.


  1. Ich habe bei meiner Reproduktion von Rietstapps Zeichnungen dessen Stil nicht übernommen, sondern die Wappen mit demselben Schild gezeichnet wie alle anderen Wappen in meiner Sammlung. Daher verlinke ich den Verweis nicht. Rietstapp verwendete ein Schild , ähnlich dem “écu français” von de Boncourts []

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