Boncourt:Grammaire du blason, Deuxième partie – les ornements extérieurs [fr]

Autor des nachstehenden Beitrag ist E. Simon de Boncourt (1885)

Les ornements extérieurs sont les divers accessoires qui entourent l’écu et qui sont destinés à désigner la naissance, la dignité, les emplois des personnages qui les portent.

Les principaux sont:

  1. Les casques ou heaumes;
  2. Les couronnes ;
  3. Les lambrequins;
  4. Le cimier;
  5. Les tenants ou supports;
  6. Le manteau;
  7. La devise;
  8. Le cri de guerre.


Casques et heaumes.

Avant que l’usage des couronnes fût aussi répandu qu’aujourd’hui, on se servait de heaumes ou casques pour timbrer les écussons et désigner le rang des personnes. Pour cela on imagina les règles suivantes qui furent généralement assez bien observées.

  1. Le casque des SOUVERAINS (rois ou empereurs) est d’or, damasquiné, taré (posé) de front, entièrement ouvert et sans grille, pour montrer que le souverain doit tout voir et tout savoir. Le casque ainsi taré est le signe de la toute-puissance qui ne relève que de Dieu seul.

  2. Les PRINCES et DUCS SOUVERAINS portent le même casque que le précédent, sauf qu’il est moins ouvert. Ils peuvent y ajouter onze grilles.

  3. Les DUCS NON SOUVERAINS, les MARQUIS, les GRANDS OFFICIERS DE LA COURONNE, tels que chanceliers, maréchaux, amiraux, l’ont d’argent, à onze grilles, taré de front, damasquiné et bordé d’or.

  4. Les COMTES, VICOMTES et VIDAMES, l’ont d’argent, taré au tiers, à neuf grilles d’or, les Lords de même.

  5. Les BARONS le portent d’argent, taré de trois quarts, à sept grilles d’or, et les bords de même.

  6. Les GENTILSHOMMES ANCIENS ayant rang de chevaliers, ou revêtus de quelque charge importante, ont un casque d’acier poli, à cinq grilles d’argent, bordé de même et taré de profil.

  7. Le GENTILHOMME DE TROIS RACES, paternelles et maternelles, portait le casque d’acier poli, taré. de profil, visière ouverte, le nasal relevé et la ventaille abaissée, à trois grilles.

  8. Les NOUVEAUX ANOBLIS ont le heaume en acier poli, de profil, le nasal et la ventaille entr’ouverts.

  9. Le heaume des BATARDS est aussi d’acier poli, mais tourné à sénestre signe de bâtardise) et la visière complètement baissée.


Couronnes

La couronne a toujours été chez tous les peuples l’insigne de la souveraineté et du commandement.

Tous les nobles titrés ont voulu, à l’imitation des souverains, se parer de couronnes que l’on plaçait sur les heaumes. Mais la coutume de joindre ces deux ornements a été abandonnée, et on se contente presque généralement de timbrer l’écu d’une couronne.

  1. La TIARE ou couronne des papes se compose d’un bonnet rond élevé, surmonté d’un globe cintré orné d’une croix. Il est cerclé ou environné d’une triple couronne d’or et laisse pendre deux cordons semés de croisettes d’or.

    Selon les uns, la triple couronne représente la triple autorité sur l’Église, souffrante, militante, triomphante; selon d’autres elle signifie que le pape est le souverain sacrificateur, le grand juge et le législateur des chrétiens.

    Puisque la dignité papale est la première du monde, remarquons encore que derrière l’écu sont deux clefs passées en sautoir, l’une d’or, l’autre argent, liées d’azur, chargées de croisettes de sable, et la croix triplée posée en pal. Pas de manteau, pas de pavillon, pas de supports ni tenants, les armes du Saint-Père n’étant pas armes de tournoi.

    [Rem DE: Exemple:] Les armoiries des Papes sont personnelles à chacun d’eux; celles de Léon XIII sont: d’azur à un peuplier terrassé de sinople, accompagné en chef, à dextre, d’une étoile d’or, et en pointe de deux fleurs de lys d’or, à une fasce cintrée argent brochant sur le tout.

  2. La couronne DES EMPEREURS est couverte et rehaussée en forme de mitre. Le diadème soutient un globe d’or, surmonté d’une croix de perles (1).

  3. La couronne de Napoléon Ier était composée de demi-cercles formés par six aigles impériales, aux ailes étendues, et surmontée du globe traditionnel (2).

  4. La couronne royale de France était formée d’un cercle d’or enrichi de pierres précieuses, surmonté par huit fleurs de lis au pied nourri, servant de bases à autant de diadèmes perlés, qui se réunissent au sommet par une fleur de lis double (3).

  5. Les rois des autres puissances remplacent les fleurs de lis par des fleurons et surmontent les diadèmes d’un globe et d’une croix (4).

  6. La couronne d’Angleterre a des croisettes pattées au lieu de fleurons, et est surmontée d’un léopard (5).

  7. Les dauphins de France portaient la couronne royale fermée seulement de quatre diadèmes, dont chacun avait la forme d’un dauphin (6).

  8. Les autres enfants de France n’avaient que le cercle d’or surmonté de huit fleurs de lis, sans diadème (7).

  9. Les autres princes du sang avaient quatre lis et quatre fleurons (8).

  10. Les PRINCES DU SAINT-EMPIRE timbrent leurs armoiries d’une toque écarlate, rehaussée d’hermine et fermée par quatre diadèmes perlés, surmontés d’un globe et d’une croix (9).

  11. La couronne DE DUC est d’or, rehaussée de huit fleurons, et enrichie de perles et de pierreries (10).

  12. La couronne DES MARQUIS est un cercle d’or à quatre fleurons alternés chacun de trois perles en forme de trèfle (11).

  13. La couronne DE COMTE est d’or, sans fleurons, mais rehaussée de seize grosses perles dont neuf visibles, posées chacune sur une pointe (12).

  14. La couronne DE VICOMTE est rehaussée de quatre perles dont trois visibles, et séparées par un petit fleuron ou perle plus petite (13).

  15. La couronne de vidame est surmontée de quatre croisettes pattées (14.).

  16. La couronne de baron français est un cercle d’or émaillé autour duquel est enroulé un chapelet de perles (15).

  17. Celle des barons allemands se rapproche de celle des comtes français, mais elle n’a que huit perles (16), et celle des barons belges est une toque à huit perles (18).

  18. Les chevaliers bannerets timbraient leur écu d’un cercle d’or orné de pierres précieuses (17).

  19. Le bourrelet était un rouleau d’étoffe ou de ruban aux couleurs de l’écu, souvent aux couleurs qu’affectionnait la dame du chevalier. Il fut tout d’abord destiné à amortir les coups portés sur la tête, puis se plaça sur le casque comme ornement, niais sans y attacher l’idée d’aucun titre.

  20. Toques de noblesse.

    Sous le premier Empire, on avait imaginé de remplacer les couronnes des nobles titrés par des toques surmonté es de plumes dont le nombre indiquait la dignité de celui qui les portait. Cet usage est tombé avec l’Empire, et les familles anoblies ou titrées par Napoléon Ier reprirent les couronnes traditionnelles. Mais comme les armoiries de l’époque impériale sont timbrées de ces insignes, il est bon de les connaître.

    Les princes grands dignitaires de l’Empire français avaient une toque de velours noir retroussée de vair avec porte-aigrette d’or portant sept plumes blanches (1).

    La toque des ducs était semblable, mais retroussée d’hermine (2).

    Celle des comtes, en velours noir, retroussée de contre-hermine et ornée de cinq plumes sortant d’un porte-aigrette en or et argent d’argent (3).

    Celle des barons, retroussée de contre-vair, trois plumes, porte-aigrette en argent d’argent (4).

    Celle des chevaliers, velours noir, retroussée de sinople, avec une aigrette blanche (5).

    Couronnes murales, navales, civiques, etc.

    La couronne murale (r) employée pour timbrer les armoiries des villes, est formée d’un cercle surmonté de portes de villes ou de pans de murailles crénelés.

    Citons encore, bien qu’elles ne soient pas de fréquent usage en blason: la couronne antique (4), cercle surmonté de pointes allongées et semblables; la couronne navale (2), cercle relevé de proues de navires ou de voiles; la couronne vallaire (3) formée de pals ou pieux qui rappellent un camp retranché; la couronne civique (5), deux branches de chêne vert en cercle, récompense d’une action d’éclat; la couronne triomphale (6), en feuilles de laurier, était la récompense d’une victoire.

    Chapeaux, mortiers, toques de magistrats.

    Les dignités ecclésiastiques se reconnaissent au chapeau qui surmonte la couronne et l’écusson.

    Les CARDINAUX ont un chapeau rouge à large bord,duquel pendent des cordons de même couleur entrelacés et terminés par cinq houppes.

    Le chapeau des ARCHEVÊQUES a la même forme, mais il est vert, ainsi que les pendants, qui n’ont que quatre houppes.

    Le chapeau des ÉVÊQUES est aussi de sinople et les pendants à trois houppes.

    Les ABBÉS et PROTONOTAIRES somment leur écu d’un chapeau noir, dont les pendants entrelacés se terminent par deux houppes de même couleur.

    Les CHANCELIERS DE FRANGE gardes des sceaux, sommaient le casque dont ils timbraient leur écu, d’un mortier rond, de toile d’or, bordé de même et rebrassé d’hermine.

    Les PRÉSIDENTS A MORTIER des cours de parlement ont un mortier noir, garni de deux larges galons d’or.

    Les JUGES, les AVOCATS avaient aussi leurs toques, que l’usage leur a conservées, indépendamment des armoiries, comme insignes de leurs fonctions.


    Lambrequins.

    Les casques qui somment les armoiries sont le plus souvent ornés de pièces d’étoffes nommées lambrequins. Cet ornement tire son origine des chaperons que les chevaliers posaient sur leurs casques pour les garantir des ardeurs du soleil, ou les préserver de l’humidité. Conservé pendant la bataille, il en sortait tailladé de coups d’épée, et devenait ainsi un signe d’honneur. Alors, oubliant leur origine, chacun voulut en porter, et on leur donna les formes les plus fantaisistes: la plus adoptée les fait ressembler à des feuilles d’acanthe. On peut donc dire que les lambrequins représentent des morceaux d’étoffes tailladés en feuilles, colorés des émaux de l’écu, entourant le casque (voir au frontispice) et descendant parfois aux deux côtés de l’écusson, quand celui-ci n’a pas de supports ou tenants.

    Ils sont volet, quand, découpés en lanières, ils paraissent voltiger au gré du vent; capeline quand leur forme est celle d’une cape; mantelet, si elle se rapproche de celle d’un manteau, et lorsqu’ils ressemblent aux rubans que les dames attachaient aux casques des chevaliers, on les appelle hachements.

    Le Cimier.

    Le cimier est un ornement que l’on place à la cime ou sommet du casque. Leur usage remonte à la plus haute antiquité: Homère et Virgile nous décrivent ceux de leurs héros. Les chevaliers du moyen âge conservèrent cet usage antique, et dans les tournois, on voyait les heaumes des preux rehaussés de toutes sortes d’ornements. Les panaches, les vols d’oiseaux, les cornes, signe de puissance, les animaux, les monstres chimériques, les figures mêmes de l’écu étaient employés tour à tour.

    Les pièces honorables ne se mettent pas en cimier. Cet ornement est facultatif. Cependant, quand il est héréditaire dans une famille, les branches cadettes, surtout en Allemagne, se contentent de le changer pour opérer une brisure dans les armoiries.

    Supports et Tenants.

    On donne le nom de SUPPORTS en armoiries aux animaux naturels ou fantastiques placés de chaque côté de l’écu comme pour le supporter ou le garder.

    Les TENANTS, au lieu d’être des animaux, sont des êtres à forme humaine, anges, sauvages, etc, ou ayant quelque partie du corps de l’homme, comme centaures, sirènes, griffons, etc.

    Les tenants et les supports ne sont pas héréditaires plus que les cimiers. Cependant on les voit se transmettre, quand ils sont tirés des pièces mêmes de l’écu.

    Les supports sont très rares en Italie, en Espagne et en Allemagne.

    Manteau et Pavillon.

    Le pavillon est une sorte de dôme sous lequel on place les armoiries des empereurs et des rois. Le pavillon surmonte le manteau, mais, réunis, on les comprend tous deux sous le nom de pavillon.

    Le manteau doublé d’hermine et sommé de la couronne, mais sans pavillon, est le propre des princes et ducs souverains qui relèvent d’une autorité supérieure. (Voir les armes de Lorraine au frontispice.)

    La Devise.

    On peut définir la devise: « Une sentence exprimée en peu de mots. » C’est donc une espèce de proverbe, une allusion, une allégorie, un emblème, quelques mots métaphoriques, que l’on écrit au bas ou autour de l’écu, et qui rappellent la noblesse ou les actions mémorables d’une famille.

    Il y a dans la devise le corps et l’âme, ou plutôt le mot et la pensée.

    Il y a des devises de bien des sortes. Nous citerons seulement quelques-unes des plus remarquables pour donner une idée du genre.

    Qui ne connaît l’orgueilleuse devise des Coucy:

    Je ne suis roy, ne duc, ne prince, ne comte aussi: Je suis le sire de Coucy.

    Et celle non moins prétentieuse des Rohan:

    Prince ne daigne, roi ne puis:
    Rohan suis.

    Un de Vergy, qui possédait les terres de Valu, Vaux et Vaudray, avait pris pour devise.

    J’ay valu, vaux et vaudray.

    Celle de Louis XIV était un soleil avec le fameux Nec pluribus impar; ce qui signifie qu’il pouvait suffire à éclairer plusieurs mondes.

    La ville de Nancy, avec un chardon dans ses armes, a pour devise bien connue: Non inultus premor; que l’on traduit vulgairement, mais énergiquement, par: « Qui s’y frotte, s’y pique. »

    Souvent les nobles et aussi les roturiers, prennent des devises qu’ils placent autour de leur sceau ou cachet empreint d’un emblème.

    Ainsi la spirituelle Mme de Sévigné avait une hirondelle avec ces mots: « Le froid me chasse ». Et Mme de Genlis faisait graver sur ses livres une lampe allumée avec ces mots au-dessous: « Pour éclairer je me consume. »

    Le cri de guerre.

    Le cri de, guerre, aussi nommé cri d’armes, consiste dans quelques mots qui servaient soit à donner le signal du combat, soit à rallier les soldats sous la bannière de leur chef, et à ranimer leur courage.

    Les chevaliers s’en servaient aussi dans les tournois. Il n’appartenait qu’à ceux ayant droit de porter bannière, car « le cri suit la bannières ». Il y avait donc dans une armée autant de cris que de bannières: mais de plus le cri général pour toute l’armée, celui du souverain ou du commandant en chef.

    On fait remonter l’usage des cris d’armes jusqu’à Gédéon, qui donna pour cri de ralliement à ses soldats: Domino et Gedeoni.

    Il y a plusieurs sortes de cris d’armes:

    Le cri d’invocation: tel celui des rois de France, sur l’origine duquel on n’est pas d’accord: Montjoye Saint Denis; — de résolution, comme celui des croisés: Diex le volt « Dieu le veut »; — d’exhortation: tel celui des comtes de Champagne: Passavant le meillor, et du sire de Tournon: Au plus dru; — de terreur: Au feu, au feu! — Enfin, un des cris de guerre les plus usités, était le cri du nom de la famille, Créquy! Damas! Duras! etc., ou des noms de maisons d’où ils étaient sortis: les rois de Navarre: Bigorre, Bigorre.

    Dans les tournois, c’étaient les hérauts d’armes qui faisaient le cri quand les chevaliers entraient en lice.

    Le cri se place ordinairement au-dessus du cimier des armoiries, dans un listel ondoyant aux couleurs de l’écu. (V. au frontispice.)

    Nota. — Nous ne parlons pas ici de la cordelière, on trouvera ce mot au dictionnaire héraldique.

    Quant aux colliers d’ordre, on les voit aussi figurer parmi les insignes qui accompagnent les armoiries des maisons souveraines. Ainsi l’ordre de la Légion d’honneur entoure l’écusson de France; celui de la Jarretière encadre les armes d’Angleterre; et de même chaque puissance orne ses armoiries de ses principaux ordres.

    Insignes et attributs.

    On appelle insignes certains ornements qui servaient à désigner certaines dignités ou charges dont la plupart n’existent plus en France.

    Nous allons en indiquer quelques-uns.

    • La première dignité de France, après le roi, était celle de connétable. Ses insignes étaient un dextrochère armé, sortant d’un nuage et portant une épée nue, la pointe en haut.
    • Le chancelier de France, outre le mortier de toile d’or dont nous avons parlé IV. page 98.), portait deux masses d’or passées en sautoir derrière l’écu.
    • Les maréchaux de France: deux bâtons d’azur, semés de lis, d’aigles ou d’étoiles, selon “époque, et passés en sautoir.
    • Le colonel général de l’infanterie, le colonel général de la cavalerie, le grand-maître de l’artillerie, le surintendant des finances, le grand écuyer, le grand chambellan, l’écuyer tranchant, le grand veneur, le grand louvetier, etc., etc., ont aussi des insignes en conformité avec leurs charges.
    • Les évêques ont la crosse et la mitre à chaque coin de l’écu. Les cardinaux et archevêques une double croix tréflée à la place de la crosse.

    Des diverses espèces d’armoiries

    Les armoiries sont pleines ou brisées.

    Elles sont pleines quand les aînés de famille, qui d’ailleurs avaient seuls ce droit, les conservent telles que leurs ancêtres les avaient créées; elles sont, au contraire, brisées, quand un cadet, un puîné, un bâtard y introduisent une modification, une surcharge de pièces.

    « Esta dominus fratrum tuorum, sois le seigneur de tes frères,»

    avait dit Isaac à son fils, aîné. Telle fut la devise du droit d’aînesse au moyen-âge, et les aînés de famille obligèrent leurs cadets de porter sur l’armoirie patrimoniale une marque, une brisure. Les brisures peuvent se faire par le changement de toutes les pièces en conservant les émaux, par le changement des émaux en conservant les pièces, par une nouvelle partition, une nouvelle écartelure, par une mutation dans les ornements extérieurs, par des diminutions et des additions.

    Le lambel, le canton, la bordure, le bâton péri sont les pièces dont on se sert le plus pour opérer la brisure.

    Les quartiers que l’on peut ajouter aux armoiries doivent toujours avoir une signification, et on les distingue en armes de domaine, d’alliance, de communauté, de succession, de prétention, de concession, de choix, etc.

    • ARMES DE DOMAINE. — Ce sont celles qui, appartenant à un pays, sont prises par le prince régnant comme indice. de sa souveraineté.
    • ARMES D’ALLIANCE. —Quand une famille a contracté des alliances avec des maisons illustres, on rassemble les armoiries en pennon d’armes, et l’on pose l’écu de la famille dont il s’agit sur le tout. Le pennon généalogique contient les quartiers de toutes les alliances d’une famille. Cependant, ces quartiers ne sont pas toujours des alliances, et il faut connaître alors l’histoire de la famille pour savoir la cause qui les a fait adopter.
    • ARMOIRIES DE COMMUNAUTE. — Celles des ordres, couvents, confréries, académies, etc.
    • ARMOIRIES DE CONCESSION. — Celles qu’un souverain accorde en récompense de grands services rendus par un noble. C’est ainsi que Saint Louis octroya les fleurs de lis aux Chateaubriant: d’autres ont fait de même. Cependant, il est rare qu’un souverain concède ses armoiries pleines. Les armoiries de concession se placent ordinairement soit au chef, soit au point d’honneur, rarement en quartier.
    • ARMOIRIES DE SUCCESSION. — Ce sont celles que les héritiers, ou les légataires étrangers à la famille prennent avec les fiefs et biens du donateur, en vertu des clauses testamentaires.
    • ARMOIRIES DE PRETENTION. – On appelle ainsi les armoiries d’un domaine sur lequel un souverain ou un seigneur prétend avoir des droits, bien qu’il soit aux mains d’un autre possesseur. Ainsi le roi de Sardaigne porte en écartelure les armes des anciens rois de Jérusalem, comme héritier des Lusignan. Les rois d’Angleterre, pendant quatre siècles, ont écartelé les armes d’Angleterre de celles de France.
    • ARMOIRIES DE CHOIX. — Celles que prennent les nouveaux anoblis, qui, n’ayant pas encore de blason, en adoptent un.

    Disons encore qu’on appelle armes parlantes celles dont les figures disent, en quelque sorte, le nom de la famille qui les porte. Ce sont souvent de froides allusions, d’insipides jeux de mots. — Les de Latour ont des tours dans leurs armoiries, les Castellane des forteresses, les Santeuil une tête d’Argus à cent yeux.

    Nous avons dit plus haut ce que l’on appelle armes à enquerre.

    Résumé et conclusion manière de blasonner selon les principes

    Après avoir exposé les principes du blason, il nous reste à montrer au lecteur la manière d’en faire l’application en suivant une marche tout à fait méthodique.

    1. On énonce d’abord le titulaire; puis,
    2. Si l’écu est plein, c’est-à-dire d’un seul émail, on nomme d’abord l’émail du champ de l’écu, puis la pièce ou meuble qui se trouve au centre, ensuite les autres pièces accessoires qui l’accompagnent. On peut prendre comme exemples les figures 5a, 85, 87.
    3. Si l’écu est divisé, ou en partitions, ou en sécantes partitions, on nomme d’abord le genre de la partition; puis on reprend, dans l’ordre voulu (voir p. 11, fig. 1), chaque quartier, pour en dire l’émail, la contre-partition, les meubles.
    4. On doit éviter de nommer à nouveau un émail qu’on a déjà nommé, et pour cela on dit: de même. Ainsi: d’azur, au chevron d’or accompagné de trois losanges de même.
    5. Enfin on énonce les ornements extérieurs de l’écu: tenants, heaume, ordres de chevalerie, etc.

    Pour rendre plus claire encore l’application de ces quelques règles, nous allons blasonner méthodiquement les armes de Lorraine, qui servent de frontispice à cet ouvrage. Nous avons choisi cet exemple parce qu’il est des plus intéressants et qu’il nous paraît renfermer presque tous les éléments héraldiques réunis ensemble.

    Duché de Lorraine

    Le duché de Lorraine porte:

    Parti de trois traits, coupé d’un, qui font huit quartiers, savoir:

    Sur le tout, d’or, à la bande de gueules, chargée de trois alérions argent, qui est de Lorraine simple.

    L’écu timbré d’un heaume de prince souverain, c’est-à-dire d’or, damasquiné, sans grilles et taré de front, — orné de ses lambrequins aux couleurs de l’écu, — surmonté d’une couronne ducale, — et pour cimier une aigle au,naturel, issante de la susdite, et tenant en son bec un listel de gueules sur lequel est écrit: PRENY! PRENY ! cri de guerre des ducs de Lorraine.

    Supports: deux aigles au naturel, couronnées d’or, colletées d’un chapelet de grosses perles au bout duquel est appendue une croix de Lorraine d’or, l’aigle de dextre tenant une bannière aux armes de Lorraine, et l’aigle de sénestre tenant une bannière aux armes de Bar.

    Le tout sous un pavillon royal aux couleurs de Lorraine, frangé et houppe de même, fourré d’hermine, et comblé de la couronne royale de Jérusalem.

    Ordre: de la Toison d’or.

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