HGG: Grammaire héraldique (1853) [fr]

Anmerkung DE: Autor des nachstehenden Beitrag bin nicht ich, der Text ist von Henri Gourdon de Genouillac (1826 – 1898 ), Paris 1853

PARIS — Imp. Simon Raçon et Cie, Rue d’Erfurth 1.

Grammaire héraldique contenant la définition exacte de la science des armoiries, suivie d’un vocabulaire explicatif et de planches d’armoiries par Henri Gourdon de Genouillac.

Paris 1853

Introduction.

L’ouvrage que nous offrons au public n’est pas un recueil de blasons expliqués, ni un nobiliaire. C’est une grammaire proprement dite, simple, concise, à l’aide de laquelle toute personne complétement étrangère à la science héraldique peut, après l’avoir lue, blasonner toute espèce d’armoiries peintes ou gravées, en distinguer la valeur, et reconnaître celles établies contrairement aux règles du blason.

Le blason est une langue qui s’est conservée dans sa pureté primitive depuis des siècles, langue dont la connaissance est indispensable aux familles nobles, qui y trouvent un signe d’alliance ou de reconnaissance, aux numismates, aux antiquaires, aux archéologues, enfin à tous les artistes, gens de lettres, etc.; — cependant cette langue est presque inconnue, et la plupart des personnes qui possèdent le droit de porter des armoiries seraient fort en peine de les expliquer selon les termes techniques!

Qu’on ne s’étonne pas de ce fait: bien des livres ont été publiés sur cette matière, mais ils ont le tort de n’être pas élémentaires. — Il ne suffit pas d’indiquer les différents signes composant un blason; il faut encore enseigner comment il faut s’y prendre pour blasonner seul. — C’est là le but de ce volume.

Afin de ne laisser rien d’obscur ou d’incomplet dans la Grammaire héraldique, elle est suivie d’un vocabulaire donnant la définition de tous les mots employés dans le cours de l’ouvrage, augmentée d’une table d’attributs, dont la connaissance diminue considérablement l’étude du blason, et enfin terminée par des planches d’armoiries.

CHAPITRE PREMIER. Du blason en général.

Le blason ou science héraldique est la connaissance des armoiries et l’art d’en nommer et expliquer toutes les parties selon leurs termes propres et particuliers; l’action de les expliquer se nomme blasonner.

Les armoiries sont des marques d’honneur composées de certaines figures et diverses couleurs représentées sur les écussons, et particulières à chaque famille noble.

Elles sont héréditaires et sont nommées armoiries parce qu’elles se portaient principalement sur le bouclier, sur la cuirasse, sur les cottes d’armes, et qu’elles tirent leur origine des armes.

La plupart des auteurs qui ont écrit sur le blason en font remonter la source à une époque très-reculée. Sesgoing prétend que Japhet, s’embarquant pour l’Europe, prit pour emblème un vaisseau équipé d’argent; selon lui, Sem reçut de Noé un lion pour emblème; le père Silvestre reconnaît pour armoiries aux Arméniens un lion couronné, aux Athéniens un hibou, aux Égyptiens trois serpents ondoyants en face avec des feuilles de nymphéa. Il est certain que les anciens se sont servis de divers signes et attributs pour distinguer leurs troupes, mais ces signes, purement de fantaisie, n’étaient soumis à aucune règle, aussi plus tard devinrent-ils un abus. Chefs et soldats, tous en portaient indistinctement et souvent aussi en changeaient. Les armoiries proprement dites n’ont réellement commencé à se perfectionner que sous le règne de Louis le Jeune. On s’en servit comme signe de distinction de chaque chef de croisés et de ses troupes respectives.

L’étymologie du mot blason n’est pas définie d’une manière certaine. Quelques auteurs le font descendre de l’anglais, d’autres prétendent qu’il dérive de l’allemand, du mot blasen (sonner de la trompe). Cette opinion paraît la plus vraisemblable, car c’était autrefois la coutume, lorsqu’un chevalier se présentait pour entrer en lice’ dans un tournoi, de sonner de la trompe, puis ensuite d’expliquer ses armoiries; ces fonctions étant remplies par des hérauts d’armes, on a aussi donné au blason le nom de science héraldique.

Il y a trois sortes d’armoiries: les armoiries pleines, les brisées et les parlantes. Celles qui ne sont pas selon les règles du blason se nomment armes fausses ou à enquerre.

  • Les armoiries pleines sont celles qui appartiennent au fils aîné d’une maison noble.
  • Les brisées sont le partage des puînés et des cadets, lesquels, pour marquer ces degrés, ajoutent, retranchent ou changent les émaux ou les pièces composant les armoiries de leur pièce; c’est ce qu’on appelle briser.
  • Les armoiries parlantes sont celles qui expriment en tout ou partie le nom de la maison qui les porte. Ces dernières sont généralement de mauvais goût.
  • Les armoiries sont divisées en sept classes distinctes et particulières.

    1. La première comprend les armoiries propres à chaque famille noble.
    2. La seconde comprend les armoiries attachées aux dignités ou fonctions ecclésiastiques, civiles ou militaires.
    3. La troisième: les armoiries de concession, qui sont celles dont une partie appartient aux armoiries d’un souverain, qui permet de l’intercaler dans celles d’une famille.
    4. La quatrième: celles de patronage, qui sont les armoiries d’un souverain ou d’un État, que les villes en dépendance portent quelquefois en chef.
    5. La cinquième: les armoiries de fiefs ou domaines, c’est-à-dire celles des divers États ou terres que possède un souverain (ainsi qu’autrefois les rois de France portaient celles de Navarre) et celles des terres échéant par héritage.
    6. La sixième: les armoiries de prétention, qui dérivent de celles d’une maison dont on prétend descendre.
    7. Et enfin la septième: celles de communautés, qui sont les armoiries des villes, des académies, des corps et métiers, etc.

    CHAPITRE II. Composition des Armoiries.

    Trois choses sont indispensables pour composer les armoiries: les émaux, l’écu et les figures.

    Les émaux comprennent les métaux et les couleurs.

    Les métaux sont:

    • l’or ou le jaune,
    • l’argent ou le blanc.

    Les couleurs sont:

    Il y aussi la carnation, qui est la couleur du corps humain, et le naturel, qui est celle des plantes, des animaux, de la terre, etc.

    Il y a en outre les pannes ou fourrures, qui sont l’hermine et le contre-hermine, le vair et le contre-vair.

    On ne peut mettre couleur sur couleur, ni métal sur métal.

    Le pourpre par exception peut être employé comme métal.

    L’hermine est blanc moucheté de noir, le contre-hermine est noir moucheté de blanc.

    Le vair est bleu et blanc ainsi que le contre-vair, qui diffère du premier par la disposition seule des couleurs. C’est-à-dire que le métal est opposé au métal, et l’émail à l’émail.

    Ces fourrures peuvent cependant être autres couleurs, mais il faut avoir soin d’en observer la disposition, ainsi qu’on le verra plus loin.

    Dans la gravure, soit sur papier, soit sur vaisselle d’or ou d’argent, ou sur tout autre objet, les couleurs et les métaux qui entrent dans la composition d’un blason sont représentés par des lignes ou hachures dont on a fixé le sens ainsi qu’il suit:

    Le vair et le contre-vair, l’hermine et le contre-hermine par des traits propres à leurs émaux (pl. I, fig. 8, 9, 10).

    En blason, le droit et la gauche sont pris en sens inverse, puisqu’on blasonne l’écu qu’on est censé porter devant soi; le côté droit ou dextre se trouve à la gauche de la personne qui regarde le blason, et le côté gauche nu sénestre à sa droite.

    Le vair ou le contre-vair est formé de quatre traits (pl. I, fig. 8, 9).

    S’il y en a davantage, il faut l’exprimer en disant vairé de cinq ou six traits, selon leur nombre. A trois traits, il prend le nom de beffroy de vair ou de beffroy de contre-vair.

    CHAPITRE III. De l’Ecu.

    Le fond sur lequel sont représentées les armoiries se nomme écu ou champ.

    Il est simple ou composé.

    Le simple n’a qu’un seul émail ou couleur (pl. I, fig. 1).

    Le composé peut avoir plusieurs émaux, et, par conséquent, plusieurs divisions, qu’on nomme partitions, et qui sont établies par des règles.

    Quatre partitions principales servent à former toutes les autres; on les appelle: parti, coupé, tranché, taillé.

    • Une ligne verticale, séparant en deux parties égales l’écu, produit la partition appelée parti (pl. I, fig. 11).

    • Une ligne horizontale produit le coupé (pl. I, fig. 12).

    • Celle diagonale de dextre à sénestre produit le tranché (pl. I, fig. 13).

    • Celle diagonale de sénestre à dextre produit le taillé (pl. I, fig, 14).

    Les deux premières lignes réunies forment une partition qu’on nomme l’écartelé (pl. I, fig. 15).

    Les deux dernières forment l’écartelé en sautoir (pl. I, fig. 16).

    Les quatre ensemble forment le gironné (pl. I, fig. 17).

    Il existe une autre partition qui se nomme le tiercé, et qui est formée par le partage de l’écu en trois parties (pl. I, fig. 18).

    Nous avons dit que les quatre partitions: parti, coupé, tranché et taillé, formaient toutes les autres. Elles servent encore à établir les quartiers.

    Ainsi:

    Un écu partagé en douze parties par deux verticales et trois horizontales, ou, en termes héraldiques, parti de 2 et coupé de 3, établira douze quartiers qu’on blasonnera successivement en commençant par le quartier dextre du chef (pl. I, fig 19).

    Parti de 1 et coupé de 2, il produira six quartiers (pl. I, fig. 20).

    Afin que les différentes figures représentées sur l’écu soient placées dans un ordre régulier, la configuration de l’écu lui-même est déterminée de la manière suivante:

    • A est le centre ou abîme de l’écu.
    • B le point du chef.
    • C le pointe de l’écu,
    • D le canton dextre du chef.
    • E le canton sénestre du chef.
    • F le flanc dextre.
    • G le flanc sénestre.
    • H le canton dextre de la pointe.
    • I le canton sénestre de la pointe.

    Ainsi, toute figure placée dans la partie supérieure est dite en chef; dans la partie inférieure, en pointe; au milieu, en abîme; sur les côtés, en flanc; dans les coins, cantonnée soit en chef, soit en pointe, soit à dextre, soit à sénestre.

    CHAPITRE IV. Des Figures.

    Les figures couvrant l’écu sont divisées en quatre catégories:

    • La première est celle des figures ou pièces héraldiques qui sont celles que la science du blason règle et compose.

    • La seconde est celle des figures des corps naturels, tels que les astres, les animaux, les corps humains en tout ou partie, les plantes, les arbres, les fruits.

    • La troisième: les figures artificielles, telles que les châteaux, les forteresses, les instruments de guerre, de chasse, de musique, les outils et ustensiles servant aux différentes industries.

    • La quatrième: les figures de fantaisie et de caprice, tels sont les monstres, les diables et autres emblèmes purement imaginaires.

    Nous commencerons par la première catégorie.

    Les figures ou pièces héraldiques se divisent en deux classes:

    1. pièces honorables;
    2. pièces ordinaires.

    On nomme pièces honorables certaines figures dont la forme est réglée, et dont la largeur doit être régulièrement celle du tiers de l’écu, prise de dextre à sénestre. Les extrémités de ces pièces doivent, en outre, toucher les bords de l’écu.

    Les pièces honorables forment deux classes: La première se compose du pal, de la fasce, de la bande et de la barre.

    Ces pièces occupent toujours le milieu de l’écu.

    • Le pal (pl. I, fig. 21) va perpendiculairement du haut du chef de l’écu au bas de la pointe.
    • La fasce (pl. I, fig. 22) va horizontalement du flanc dextre au flanc sénestre.
    • La bande (pl. I, fig. 23) va obliquement de la partie dextre du chef à la partie sénestre de la pointe.
    • La barre (pl. I, fig. 24) va obliquement de la partie sénestre du chef à la partie dextre de la pointe.

    À cette première catégorie il faut ajouter la croix et le sautoir.

    Le pal et la fasce réunis forment la croix (pl. I, fig. 25).

    La bande et la barre réunies forment le sautoir (pl. I, fig. 26).

    Les pièces honorables de seconde classe se nomment: chef, bordure, franc-quartier, chevron, orle, trescheur et giron.

    • Le chef (pl. I, fig. 27) occupe horizontalement la partie haute de l’écu; il a en largeur celle du tiers de l’écu.
    • La bordure (pl. I, fig. 28) entoure l’intérieur de l’écu; sa largeur est celle du sixième de l’écu.
    • Le franc-quartier (pl. I, fig. 29) est un carré occupant la quatrième partie de l’écu et placé à la partie dextre.
    • Le chevron (pl. I, fig. 30) est composé des deux parties basses de la bande et de la barre qui, s’appuyant sur les coins inférieurs de l’écu, aboutissent un peu plus haut que l’abîme.
    • L’orle (pl. II, fig. 1) est semblable à la bordure, et diffère seulement de celle-ci en ce qu’elle ne touche pas les bords de l’écu.
    • Le trescceur ou trescheur (pl. II, fig. 2) est une sorte d’orle étroit orné de trois fleurons en dedans et autant en dehors.
    • Le giron (pl. II, fig. 3) est une sorte de triangle dont la partie inférieure a la largeur représentant la moitié de celle de l’écu.

    Quelques hérauts d’armes considèrent comme pièces honorables le pairle et le gousset.

    • Le pairle (pl. II, fig. 4) a la forme d’un Y, toutes les extrémités touchent à l’écu.

    • Le gousset (pl. II; fig. 5) ne diffère du pairle qu’en ce qu’il est plein dans sa partie supérieure.

    La pile, angle aigu dont la base touche la pointe de l’écu et le haut le chef.

    Le canton, diminutif du quartier et qui se place à dextre et à sénestre.

    CHAPITRE V. De l’emploi des figures honorables.

    Bien que les pièces honorables aient une largeur limitée au tiers de celle de l’écu, il arrive fréquemment que ces pièces sont multipliées sur les écus, ou accompagnées d’autres ligures. Afin de ménager l’espace, on a diminué la largeur assignée à chacune d’elles. Dans ce cas, quoique considérées toujours comme pièces honorables, elles sont, désignées sous une autre dénomination. Ainsi:

    Le pal diminué de largeur prend le nom de vergette;
    La fasce burèle;
    La bande cotice ou divise;
    La barre cotice en barre.

    Les jumelles sont formées par des fasces très-étroites posées deux par deux (pl. II, fig. 6). Les tierces par les mêmes figures posées trois par trois.

    Les tringles par les mêmes figures posées cinq par cinq.

    Les jumelles se nomment jumelles en pal, en bande, en barre, lorsqu’elles sont formées par l’assemblage de ces pièces posées deux par deux. Les tierces se nomment tierces en pal, etc., par la même raison.

    La bande diminuée dans les extrémités ne touchant pas les bords de l’écu prend le nom de bâton péri en bande.

    La barre semblable, celui de bâton péri en barre (pl. II, fig. 7).

    Les pals, fasces, bandes, barres, qui ne touchent aux bords de l’écu que par une seule extrémité, se nomment retraits (pl. II, fig. 8).

    Les pals, fasces, qui ne touchent point du tout les bords de l’écu, sont nommés alezés.

    Le chef diminué prend le nom de comble.

    Le franc-quartier diminué celui de franc canton (il peut alors se placer indistinctement sait à dextre soit à sénestre de l’écu).

    Le chevron diminué prend le nom d’étaie.

    La croix diminuée prend celui de filet en croix, mais par corruption le nom de croix est donné à cette figure, quelle que soit sa diminution. On observe seulement les différentes qualifications qu’elle reçoit, ainsi qu’on le verra plus loin.

    Une très-petite croix est appelée croisette (pl. II, fig. 9).

    Le sautoir diminué se nomme flanqui.

    La bordure diminuée se nomme filière.

    On rencontre dans certains nobiliaires une pièce peu usitée et qu’on nomme champagne, c’est la fasce occupant le tiers inférieur de l’écu.

    Quand le champagne est diminué, on le nomme plaine.

    CHAPITRE VI. Des Pièces ordinaires.

    Outre les pièces honorables dont nous venons de parler, il existe un certain nombre de ligures que nous allons indiquer, et qui portent le nom de pièces ordinaires:

    • Le losange (pl. II, fig. 10), dont le nom indique suffisamment la forme.
    • La fusée (pl. II, fig. 11), dont la forme est une losange mince et allongée.
    • Le macle (pl. II, fig. 12), losange percée d’un jour aussi en losange.
    • Le rustre (pl. II, fig. 13), qui diffère du macle en ce qu’il est percé d’un jour rond.
    • Le besant (pl. II, fig. 14), pièce ronde en or ou en argent.
    • Le tourteau (pl. II, fig. 15), pièce ronde en émail.
    • Le besant-tourteau ou tourteau-besant (pl. II, fig. 16), pièce ronde mi-métal, mi-émail, ou mi-émail et mi-métal.
    • Les billettes (pl. II, fig. 17), petits carrés longs.
    • Le treillis (pl. II, fig. 18), bandes et barres entrelacées au nombre de six, et clouées aux points d’intersection.
    • Les frettes (pl. II, fig. 19), la même figure que la précédente, à l’exception des clous.
    • L’échiquier (pl. II, fig. 20), représentant une table d’échiquier.
    • Les points équipolés (pl. II, fig. 21), représentés par neuf carrés d’échiquier.
    • L’emmanché (pl. II, fig. 22), sorte de dentelure d’un émail différent de celui du champ, posé soit en fasce, soit en pal (pl. II, fig. 23).
    • Le lambel (pl. II, fig. 24), filet placé horizontalement soit en chef, soit en fasce, et ayant plusieurs pendants. Cette figure s’emploie comme brisure.

    CHAPITRE VII. Des Figures des corps naturels, des Figures artificielles, et de celles de fantaisie.

    Les figures héraldiques n’étant pas assez nombreuses, malgré la diversité résultant de leurs différentes combinaisons, pour distinguer toutes les familles nobles, ces dernières prirent des figures d’animaux, de plantes, d’instruments, de chimères, etc. Elles varient à l’infini, mais sont toutes assujetties à des règles héraldiques. Ce sont ces règles que nous allons faire connaître.

    Parmi les animaux, les lions et les léopards sont les plus usités. Il est indispensable, en les blasonnant, d’indiquer exactement la position dans laquelle ils sont représentés.

    • Ils sont armés, lorsque leurs griffes sont représentées d’un émail différent de celui de leur corps.
    • Lampassés, lorsque leur langue sort et est d’un émail différent.
    • Mornés, lorsqu’ils n’ont ni ongles, ni langue, ni dents.
    • Diffamés, lorsqu’ils n’ont point de queue. Couronnés, lorsqu’ils ont une couronne sur la tête.

    Le lion n’est représenté que de profil, — le léopard de face.

    Le lion marchant ou passant est nommé lion léopardé.

    Le léopard posé sur les deux pattes de derrière et élevant en l’air celles de devant, est nommé léopard lionné.

    Deux lions se regardant sont dits affrontés Se tournant le dos, adossés.

    L’animal tournant la tête du côté sénestre est dit contourné.

    Les animaux à cornes sont accornés, lorsque les cornes sont d’un émail différent de celui du corps. Ils sont accolés lorsqu’ils portent un collier (on dit colleté pour les animaux autres que ceux à cornes), clarinés, lorsqu’ils ont une clochette au cou.

    Le taureau est furieux lorsqu’il est levé sur les deux pieds de derrière, — en cette position le cheval est gai.

    Chaque animal, ainsi que les figures naturelles ou artificielles, possède diverses qualifications outre celles que nous venons de citer; elles sont…indiquées au chapitre des attributs, et leur signification portée au vocabulaire.

    On se sert fréquemment, outre les animaux naturels, d’animaux de convention, tels sont:

    On emploie également, comme pièces de blason, des parties détachées des corps d’animaux.

    • Deux ailes étendues sont appelées un vol; une aile seule, un demi-vol.
    • Des têtes d’animaux sont coupées lorsqu’elles sont représentées seules, qu’il ne reste aucune partie du cou; elles sont arrachées lorsque des lambeaux de chair ou de plumes y sont adhérents.

    Parmi les fleurs et les plantes, on distingue la quarte feuilles, sorte de rosace à quatre feuilles; l’angéne, ou fleur à six feuilles.

    Les quintefeuilles, rosaces à cinq feuilles, ajourées au centre (pl. II, fig. 27).

    Les fleurs de lis, formés de trois feuilles posées en rosace. Cette figure est appelée aussi cailloux.

    Le créquier, prunier sauvage ayant la forme d’un candélabre à sept branches.

    Les rinceaux, ou rameaux garnis de feuillage.

    Parmi les astres: des étoiles qui doivent avoir cinq rais ou rayons (pl. II, fig. 26). Lorsque ce nombre augmente, il est nécessaire de l’indiquer en blasonnant. On confond quelquefois l’étoile avec la molette d’éperon; cette dernière figure à la même forme que l’étoile mais elle en diffère en ce que la molette a six rais, et qu’elle est ajourée au centre. Les étoiles à queue sont appelées comètes.

    D’ombres de soleil: soleil représenté sans figure humaine au centre.

    De rais; qui sont des rayons de lumière.

    De lunels; c’est-à-dire la réunion de quatre croissants appointés, comme s’ils formaient une rose à quatre feuilles.

    De croissants; cette figure est ordinairement placée tel qu’il est indiqué (pl. II, fig. 28).

    Le croissant est versé lorsque ses pointés regardent la pointe de l’écu tourné lorsqu’elles regardent le côté dextre; contourné, le côté sénestre.

    Parmi les objets divers qui forment les figures artificielles, on en distingue plusieurs qui sont fréquemment employés et qui sont considérés presque comme des pièces héraldiques. Ce sont:

    Le fermail (pl. II, fig. 29), qu’on nomme parfois fermail en losange (pl. II, fig. 30).

    L’anneau (pl. III, fig. 1). Lorsqu’il y en a plusieurs et qu’ils sont de petite dimension, ils prennent le nom d’annelets (pl. III, fig. 2).

    Les vires (pl. III, fig. 3) ou anneaux concentriques.

    Des badelaires, des fois, des bouteroles, des tortils, des ranchiers, des ogoesses, etc. (La signification de ces mots est portée au vocabulaire indiquant toutes les pièces du blason.)

    Il est une figure employée souvent en blason, celle d’un bras humain sortant d’un des côtés de l’écu. Ce bras est appelé dextrochère ou sénestrochère, selon qu’il est placé à dextre ou à sénestre. Lorsqu’il est cuirassé et qu’il tient une épée à la main, on le dit armé de toutes pièces.

    Quant aux tours, châteaux, ancres, armes, instruments quelconques, et généralement tous les objets divers qu’on rencontre dans les armoiries, il importe, en les blasonnant, de bien en indiquer la forme, la position et le nombre, selon les règles dont nous parlerons tout à l’heure; et surtout de façon à pouvoir établir un blason semblable à celui qu’on entend blasonner, sans qu’il soit besoin d’avoir le modèle devant les yeux (pl. III, fig. 4, 5, 6, 7).

    CHAPITRE VIII. De l’Attribut.

    L’attribut sert à désigner la position, l’attribution voir la nature de chacune des pièces de l’écu, ou de l’écu lui-même.

    L’attribut de l’écu est d’être pillé, s’il est couvert de pals; bandé, barré, fascé, contre-fasce (pl. III, fig. 8), contre-palé (pl. III, fig. 9), s’il est couvert de ces diverses pièces; vairé, herminé, contre-vairé, contre-hermine, selon l’émail-fourrure d’un écu simple, ou enfin, échiqueté, fretté, losangé (pl. III, fig. 10), treillissé, gironné, écartelé, etc., selon les pièces qui le composent ou les partitions qui le divisent.

    Les pièces honorables, tout en conservant la dimension qui leur est propre, peuvent être façonnées selon les règles ci-dessous établies: Les pals, fasces, bandes, barres, peuvent avoir l’attribut d’être:

    Le chevron peut être en outre

    Deux chevrons peuvent être enlacés (pl. III, fig. 28).

    La croix, l’une des pièces honorables, dont l’emploi est le plus usité, a de nombreux attributs. Elle est:

    Outre ces divers attributs, la croix, ainsi que les autres pièces héraldiques, en possède une grande quantité d’autres que nous indiquerons plus loin.

    Certaines pièces, autres que celles dites honorables, servent d’attributs soit à ces dernières, soit à l’écu.

    Ainsi: les frettes, les losanges, les billettes, les fusèles, etc., donnent un écu, ou une bande, une fasce, etc., fretté, losangé (pl. III, fig. 10), billeté, fuselé, etc.

    Quelques attributs servent à marquer la position de certaines pièces placées tout ou partie sur d’autres pièces, ou le changement d’émaux.

    Ainsi:

    Brochant sur le tout, De l’un en l’autre, Sur le tout.

    Brochant sur le tout (Pl.IV, fig. 16) signifie que la croix couvre une partie du chef, et qu’elle est en quelque sorte peinte ou gravée par-dessus. En termes plus clairs, non-seulement elle occupe une place sur l’écu, mais encore elle anticipe celle occupée par le chef en faisant dépasser sa partie supérieure jusque sur lui.

    De l’un en l’autre (Pl.IV, fig. 2) signifie que la croix est posée au milieu de la ligne formant le parti, et que l’émail du côté sénestre de la croix correspond à celui du côté dextre de l’écu, et vice versa.

    Sur le tout se dit d’un écusson placé sur le milieu d’une écartelure.

    Il est excessivement important de blasonner les attributs afférents soit aux pièces héraldiques, soit aux figures des corps naturels, soit à celles artificielles. Ces attributs étant fort nombreux, nous donnons ci-dessous le tableau de ceux qui sont habituellement employés, en renvoyant au vocabulaire pour leurs différentes significations.

    Dans le chapitre suivant, nous reviendrons sur quelques-uns d’entre eux.

    Tableau des attributs.

    Attributs particuliers à l’écu et aux pièces héraldiques.

    Attributs particuliers aux astres.

    • Caudé.
    • Couchant.
    • Éclipsé.
    • Horizonté.
    • Naissant.
    • Rayonnant.

    Attributs particuliers aux corps humains,

    • Chevelé.
    • Issant.
    • Vétu.

    Attributs particuliers aux animaux.

    • Accorné.
    • Accroupi.
    • Affronté.
    • Ailé.
    • Allumé.
    • ameuté.
    • Animé.
    • Armé.
    • Arrêté.
    • Assis.
    • Bâillonné.
    • Barbé.
    • Bardé.
    • Buqué.
    • Chat-huant.
    • Chevillé.
    • Clariné.
    • Colleté.
    • Contre-issant.
    • Contre-passant.
    • Coupé.
    • Couplé.
    • Courant.
    • Couronné.
    • Coutre-rampant.
    • Crêté.
    • Démembré.
    • Denté.
    • Diadèmé.
    • Diffamé.
    • Dragonné.
    • Écaillé.
    • Écorché.
    • Effaré.
    • Effrayé.
    • Élancé.,
    • Emmuselé.
    • Entravaillé.
    • Éployé.
    • Essorant.
    • Éviré.
    • Fierté.
    • Forcené.
    • Furieux.
    • Gai.
    • Gorgé.
    • Grilletté.
    • Gringolé.
    • Hérissonné.
    • Houssé.
    • Issant.
    • Lampassé.
    • Langué.
    • Léopardé.
    • Levé.
    • Lioné.
    • Loré.
    • Mantelé.
    • Marchant.
    • Mariné.
    • Masqué.
    • Membré.
    • Miraillé.
    • Monstrueux.
    • Naissant.
    • Ner,é.
    • Noué.
    • Onglé.
    • Oreillé.
    • Paissant.
    • Pamé.
    • Parti.
    • Passant.
    • Peatilré.
    • Perché.
    • Piété.
    • Plié.
    • Posé.
    • Saillant.
    • Sanglé.
    • Sellé.

    Attributs particuliers aux plantes, fluais et objets divers.

    • Agité.
    • Anché.
    • Ardent.
    • Arraché.
    • Bastillé.
    • Bouclé.
    • Boutonné.
    • Cablé.
    • Cerclé.
    • Cloué.
    • Cordé.
    • Coulissé.
    • Couvert.
    • Crénelé.
    • Croisé.
    • Décussé,
    • Donjonné.
    • Ébranché.
    • Éclaté.
    • Écoté.
    • Embouché.
    • Embouclé.
    • Embouté.
    • Emmanché.
    • Empenné.
    • Empoigné.
    • Encoché.
    • Englanté.
    • Enguiché.
    • Entretenu.
    • Épanoui.
    • Équipé.
    • Essoré.
    • Étincelant.
    • Ferré.
    • Feuillé.
    • Fleuri.
    • Flottant.
    • Flotté.
    • Frangé.
    • Fruité.
    • Fusté.
    • Garni.
    • Girouetté.
    • Glandé.
    • Habillé.
    • Haut.
    • Hersé.
    • Maçonné.
    • Maltaillé.
    • Nourri.
    • Ouvert.
    • CHAPITRE IX. Des Pièces chargées, accompagnées, et des Brisures.

      Dans le tableau qui précède, on trouve ces deux mots: chargé et accompagné. Ce sont deux attributs qu’on rencontre presque sur chaque écu qu’on a à blasonner.

      On dit qu’une pièce est chargée lorsque sur le métal ou l’émail de cette pièce est représentée toute autre pièce ou figure.

      Il est assez rare de voir une pièce chargée d’une pièce de même nature. Cependant cela arrive.

      Un écu chargeant une pièce quelconque prend le nom d’écusson.

      Le plus ordinairement, les pièces héraldiques, la fasce, la barre, la bande, etc., sont chargées soit d’étoiles, soit de roses, soit de toute autre figure (Pl.IV, fig. 17):d’argent à la fasce d’azur, CHARGÉE de trois étoiles d’argent.

      La position des figures chargeant une pièce varie peu, mais il importe d’en indiquer le nombre, l’émail et les attributs (Pl.IV, fig. 16):d’or au, chef cousu d’argent, à la croix haussée et péronnée, de trois degrés de gueules brochant sur le tout, CHARGÉE d’une couronne d’épines de sinople et de trois clous de sable.

      Les pièces peuvent être chargées en chef, en abîme, en pointe, etc.

      La plupart des pièces honorables, et même beaucoup d’autres, sont rarement seules; et, quand une ou plusieurs figures les entourent, on dit qu’elles sont accompagnées. On comprend l’importance de blasonner avec exactitude la position occupée par les pièces qui accompagnent celle principale, et leurs émail et attributs.

      Trois pièces accompagnant un chevron sont habituellement placées: deux en chef, une en pointe (Pl.IV, fig. 1819).

      Une croix accompagnée de quatre ou seize pièces placées aux quatre coins intérieurs de l’écu est dite cantonnée (Pl.IV, fig. 15):de gueules à la croix d’argent cantonnée de quatre besants de même.

      Un pal, ou une pièce principale posée en pal, accompagné de figures placées à ses côtés, on dit alors accosté (Pl.IV, fig. 21) d’argent au pal de gueules, accosté de deux tourteaux d’azur (Pl.IV, fig. 20): d’azur au glaive d’argent, accosté de quatre billettes de même.

      Un chevron est surmonté lorsqu’au-dessus de sa cime est placée une pièce ou figure quelconque (Pl.IV, fig. 22).

      Nous avons précédemment parlé des brisures, c’est-à-dire les additions ou changements apportés aux armoiries d’une famille par les puînés et les cadets afin de se distinguer de leurs aînés. Les pièces dont on se sert habituellement pour briser sont la bordure, le bâton péri et le lambel.

      Lorsque sur une brisure, par exemple la bordure, on charge soit de besants, soit de toute autre figure, on nomme cette action sur-briser.

      Outre les pièces que nous avons désignées comme servant à briser, quelques.- personnes brisent en changeant le métal d’une pièce, en ajoutant quelques figures, ou en en retranchant; c’est une des causes de la différence qu’on rencontre quelquefois entre les divers écus d’une même famille, et ce qui occasionne de nombreuses erreurs dans l’énoncé des armes, qui se trouve varier à l’infini.

      Il est impossible de reconnaître une brisure au vu d’un blason. Celle indiquée (Pl.IV, fig. 26), qui consiste en une bordure d’argent et la surbrisure opérée à l’aide des tourteaux d’azur qui y figurent ne doivent nullement préoccuper la personne qui veut blasonner cet écu, et qui, purement et simplement, s’exprimera ainsi:de gueules au croissant d’argent en abime, à la bordure d’argent chargée de dix tourteaux d’azur posés en orle.

      CHAPITRE X. Règles générales.

      Il faut pour blasonner un écu commencer par indiquer le champ de l’écu s’il est simple, et passer ensuite aux pièces ou figures dont il est couvert.

      (Pl.IV, fig. 22):De gueules au chevron d’or surmonté d’une étoile d’argent. Ainsi, de gueules fait connaître la couleur du champ; un chevron d’or désigne la figure héraldique qui s’y trouve représentée, et surmonté d’une étoile d’argent qualifie l’accompagnement de la pièce principale par une autre figure de forme et d’émail différents.

      Si l’écu est composé, on doit d’abord énoncer la partition qui le divise, et blasonner les émaux et figures de chacun des quartiers en commençant toujours comme dessus.

      (Pl.IV, fig. 23):Parti au 1er d’azur au pal d’or, au 2° d’argent à la fasce de gueules.

      Parti indique la partition; au premier, le quartier dextre; au deuxième, le quartier sénestre.

      Si l’écu est coupé, on commence par la partie supérieure.

      (Pl. I, fig. 12):Coupé d’argent et de gueules.

      S’il était couvert de figures, on dirait: Coupé au 1° d’argent à… telle chose, au 2° de gueules à telle autre.

      Si l’écu est taillé ou tranché, on commence par le triangle supérieur.

      (Pl. I, fig. 14):Taillé de gueules et d’argent;

      (Pl. I, fig. 13):Tranché de pourpre et d’argent.

      Si l’écu est écartelé ou contre-écartelé, on l’annonce d’abord et on blasonne en commençant par le premier côté de dextre et en finissant par le dernier de sénestre.

      (Pl.IV, fig. 24):Écartelé au 1er et au 4e d’argent au chevron d’azur, au 2e d’azur au pal d’or, au 3e de gueules à la croix d’argent. Si un écusson se trouve placé sur le milieu de l’écartelure, c’est-à-dire sur le tout, on le blasonne après avoir blasonné tous les quartiers de l’écu principal.

      Si l’écu est divisé en huit quartiers, il faut l’indiquer en s’exprimant ainsi (Pl.IV, fig. 25): Coupé d’un, parti de deux, et blasonner en commençant toujours par le premier quartier de dextre. Coupé d’un signifie qu’il y a une ligne horizontale coupant l’écu, et parti de deux, que deux autres lignes le séparent verticalement.

      Il est inutile d’ajouter qu’un écu peut être parti ou coupé de deux, trois, quatre, cinq lignes selon le nombre des quartiers.

      L’espèce de triangle formé à la pointe de l’écu (Pl.IV, fig. 25) forme l’attribut qu’on nomme enté. Il faut donc blasonner ainsi:

      Coupé d’un, parti de deux. Au 1 et au 6 de sinople, au 2 et au 5 d’argent, au 3 et au 8 d’azur, au 4 et au 7 d’or. Enté en pointe d’argent.

      Nous avons dit qu’on ne pouvait mettre métal sur métal ni émail sur émail. Cependant (Pl.IV, fig. 16) nous voyons: d’or au chef cousu d’argent. On dit cousu afin de faire comprendre que ce chef est, en quelque sorte, une pièce étrangère ou de concession ajoutée, et cousue à l’écu des armes de la famille.

      Il est excessivement important d’indiquer d’une manière précise, en blasonnant, la position de toutes les figures placées soit sur l’écu, soit comme charge, soit comme accompagnement, lorsque surtout cette position diffère de celle habituelle.

      Trois besants, trois losanges, trois fermails, etc., sont ordinairement placés deux en chef, un en pointe. Lorsqu’ils sont seuls sur le champ d’un écu, on les dit alors posés deux, un.

      (Pl.II, fig. 15): D’argent à trois tourteaux de gueules posés deux, un.

      (Pl.IV, fig. 27): D’argent à trois losanges de gueules posés deux, un.

      Ils sont quelquefois posés l’un sous l’autre. C’est ce qu’on nomme en pal, ou en bande, ou en fasce, ou en barre, selon que leur disposition est semblable à ces diverses pièces honorables.

      (Pl.IV, fig. 28): D’azur à trois besants posés en pal.

      (Pl.IV, fig. 29): D’argent à trois croisettes de gueules posées en bande.

      (Pl.IV, fig. 30): D’azur à trois étoiles d’argent posées en barre.

      Quatre figures sont quelquefois placées deux, deux. Il faut avoir soin de l’indiquer.

      (pl. III, fig. 3): De pourpre à quatre anneaux d’or posés deux, deux.

      Elles sont aussi posées une, deux, une.

      (Pl.II, fig. 27): De gueules à quatre quintefeuilles d’argent posées, une, deux, une.

      Six figures se placent trois, deux, une.

      (pl. III, fig. 2): De gueules à six rires d’argent posées trois, deux, une.

      En un mot, la position doit toujours être indiquée.

      Après avoir blasonné les couleurs et pièces de l’écu, si, en outre, ce dernier est surmonté d’un casque, d’une couronne ou de toute autre marque de dignité, il est indispensable de l’indiquer, ainsi que le cimier, c’est-à-dire la figure que l’on place à la cime du casque ou de la couronne, et qui ne peut jamais être une pièce héraldique.

      Un cimier de plumes se nomme plumail.

      On dit quelquefois que telle personne timbre son écu de telle ou telle chose, le timbre comprend tout ce qui se place au-dessus de l’écu.

      Outre ces attributs, dont nous nous occuperons dans le chapitre suivant, les écus sont souvent accompagnés de lambrequins. C’est-à-dire d’ornements qui sont habituellement de fantaisie, mais qui doivent _être des mêmes métaux et émaux que ceux figurant dans l’écu. On dit alors, après avoir blasonné l’écu: lambrequins aux couleurs de l’écu*.

      L’écu est quelquefois supporté par deux animaux, qui, placés de chaque côté, semblent le garder et le présenter. Ces animaux sont nommés supports. Si ces supports sont des sirènes ou tout autre figure humaine, qui semblent tenir l’écu à l’aide des mains, on les nomme tenants.

      Sous l’Empire, les lambrequins furent toujours or et argent.

      Après avoir blasonné l’écu et ses attributs ou lambrequins, on dit alors: pour supports (ou tenants) tels animaux ou tels personnages. Si ces animaux sont couronnés, colletés, etc., on doit l’indiquer ainsi que leur émail.

      Une banderole placée sous un écu indique le cri de guerre ou la devise de la famille.

      CHAPITRE XI. Des Couronnes, Casques, etc.

      On marque les titres, dignités, le rang ou les charges dont sont revêtues certaines personnes par des couronnes, des casques et autres attributs distinctifs.

      Les différentes couronnes qui surmontent les écus sont:

      • La tiare ou couronne pontificale (pl. V, fig. 9 );
      • La couronne impériale (pl. V, fig. 1);
      • La couronne royale (pl. V, fig. 2);
      • La couronne ducale (pl. V, fig. 3);
      • La couronne de marquis (pl. V, fig. 4);
      • La couronne de comte (pl. V, fig. 5);
      • La couronne de vicomte (pl. V, fig. 6;
      • La couronne de baron (pl. V, fig. 7); Cette dernière est aussi appelée tortil.

      La mitre des archevêques et évêques (pl. V, fig. 11).

      Les gentilshommes nobles, ou simples chevaliers, portent le casque (pl. V, fig. 8), qui est soumis à certaines règles héraldiques, étant aussi l’apanage des plus hauts dignitaires.

      Les empereurs et les rois le portent d’or brodé damasquiné taré de front, la visière entièrement ouverte, sans grille ni barreaux.

      Les princes du sang, d’or taré de front sans visière, un peu moins ouvert.

      Les princes et ducs, connétables et tous les hauts grands officiers, d’argent;

      Les visières, nasale, ventail, bordure et clous d’or taré de front, et à neuf grilles.

      Les marquis, d’argent à sept barreaux tarés de front.

      Les comtes, vidames, _ vicomtes, premiers présidents, gardes des sceaux, colonels et mestres de camp, d’argent taré de deux tiers montrant sept barreaux.

      Les barons ou anciens gentilshommes, chevaliers, chargés de hauts emplois ou missions, d’argent bruni, taré de deux tiers et à cinq barreaux.

      Les gentilshommes de trois races paternelles et maternelles, d’acier poli posé et taré en profil, la visière ouverte, le nazal relevé, le ventail -abaissé montrant trois grilles.

      Les écuyers, de profil clos et fermé.

      Les nouveaux anoblis, de profil, la visière close et abattue.

      Les bâtards, comme les nouveaux anoblis, mais tourné à gauche.

      Sous l’Empire, on substitua aux couronnes et aux casques une toque de velours noir retroussée de vair ou contre-vair, d’hermine ou contre-hermine, selon le titre plus ou moins élevé du personnage, et surmontées de plumes blanches ou d’argent. (Pl. V, fig. 12.)

      Les (lamina (pl. V. fig. 10)) surmontent l’écu des cardinaux et aussi ceux des archevêques et des évêques, qui l’emploient de préférence à la mitre.

      Ils sont de couleur rouge pour les premiers, verts pour les seconds, et noirs pour tous les autres dignitaires de l’Église.

      Les chapeaux sont en outre garnis de quinze houppes pour les cardinaux, de treize pour les archevêques, et de sept ou onze pour les évêques. Ces derniers, ainsi que les abbés ou abbesses, y joignent la croix et la mitre. Quelques abbesses portent une couronne d’épine et un chapelet.

      Une dame noble accole parfois son écu à celui de son- mari, le premier est le sien, le second celui de l’époux.

      Les demoiselles mettent leurs armoiries dans un écu en forme de losange, entotyé d’une guirlande.

      Les veuves entourent leur écu (l’une cordelière, qu’elles retirent si elles contractent un nouveau mari âge.

      CHAPITRE XII Des Attributs relatifs aux emplois et fonctions.

      Les titulaires de certains grades, emplois ou fonctions, accompagnent leur écu de différentes marques qui ont pour but de les indiquer. Voici quelques-unes” des charges qui donnent droit à cet accompagnement avec la désignation de l’attribut régulier:

      Charges supprimées.

      • Connétable. Deux épées en main armée d’un gantelet sortant d’une nue (une de chaque côté de l’écu).
      • Grand maitre de l’artillerie. Deux canons acculés sous l’écu.
      • Général des galères. Deux ancres à trabes unies derrière l’écu.
      • Grand fauconnier. Deux leurres qui pendent de chaque côté de l’écu.
      • Capitaine des gardes de la porte. Une clef droite terminée par une couronne, de chaque côté de l’écu.
      • Grand maréchal des logis. Une masse et un marteau d’armes en sautoir sous l’écu.
      • Capitaine des cent-suisses. Deux bâtons (l’ébène garnis de pommes et bouts en ivoire, et, au bas de l’écu, deux toques de velours noir avec panaches.
      • Grand prévôt de l’hôtel. Deux masses et deux haches liées ensemble.
      • Préfet de Paris. Deux cannes en sautoir.
      • Premier président an parlement. Au-dessus de l’écu, un mortier de velours noir enrichi de deux larges passements d’or.
      • Président à mortier. Même mortier orné d’un galon.

      Empire français.

      • Maréchal de France. Deux bâtons de maréchal passés en sautoir derrière l’écu.
      • Amiral. Deux ancres passées en sautoir derrière l’écu, les trabes aux armes impériales.
      • Vice-amiral. Une ancre droite derrière l’écu. Général. Six drapeaux en sautoir derrière l’écu.
      • Chancelier. Un mortier d’or rebrassé d’hermine posé sur le casque surmonté de son cimier, qui est une femme à mi-corps, représentant la France couverte d’un manteau et couronnée, tenant à la main droite un sceptre et à la gauche les sceaux; derrière l’écu orné de rayons d’or, deux masses passées en sautoir.
      • Grand maître des cérémonies. Deux bâtons dorés cri sautoir derrière l’écu et terminés par la couronne impériale.
      • Grand aumônier’. Un livre couvert en satin, la couverture chargée des armes impériales.
      • Grand maréchal du palais. Deux bâtons d’azur semés d’abeilles d’or, terminés d’un bout par la couronne impériale, et passés en sautoir derrière l’écu.
      • Grand chambellan. Deux clefs couronnées passées en sautoir derrière l’écu; au centre des anneaux une aigle éployée.
      • Grand écuyer. Deux épées en fourreau aux armes impériales et une ceinture.
      • Grand louvetier. Deux têtes de loup, une de chaque côté de l’écu.
      • Grand veneur. Deux cors avec leurs enguichures.
      • Premier maître d’hôtel. Deux bâtons dorés en sautoir sous l’écu.
      • Grand écuyer tranchant. Un couteau et une fourchette en sautoir sous l’écu, les manches aux armes de France terminées en couronne.
      • Grand panetier. Une nef d’or et un cadenas.
      • Grand bouteiller. Deux flacons dorés aux armes de France.

      Ainsi que nous l’avons dit, les toques remplacent les couronnes et casques, et sont ainsi attribuées:

      • Prince grand-dignitaire. Toque de velours noir retroussée de vair avec porte-aigrette d’or surmonté de sept plumes; lambrequins d’or au nombre de six, le tout chargeant un manteau de France doublé d’hermine, sommé d’un bonnet d’hermine, forme électorale, à la calotte d’azur, retroussée de même. (Il charge, en outre, l’écu d’un chef d’azur semé d’abeilles.)
      • Duc. Toque de velours noir retroussée d’hermine avec porte-aigrette d’or surmonté de sept plumes, lambrequins d’or au nombre de six, manteau de Franc doublé de vair. (L’écu est chargé d’un chef de gueules, semé d’étoiles d’argent.)
      • Comte. Toque de velours noir retroussée de contre-hermine avec porte-aigrette •d’or et d’argent; cinq plumes, quatre lambrequins, les deux supérieurs en or, les deux autres en argent.
      • Baron. Toque de velours noir retroussée de contre-vair, porte-aigrette en argent, trois plumes, deux lambrequins en argent.
      • Chevalier. Toque de velours noir retroussée de sinople surmontée d’une aigrette d’argent.

      Outre ces marques extérieures, les comtes de l’Empire français ayant charge, emploi ou dignité, chargent leur écu d’un franc-quartier à dextre qui est pour:

      • Comte ministre. D’azur à la tête de lion arrachée d’or.
      • Comte conseiller d’État. Échiqueté d’azur et d’or.
      • Comte sénateur. D’azur à un miroir d’or en pal, après lequel se tortille et se mire un serpent d’argent.
      • Comte président du Corps législatif. D’azur aux tables de la loi d’or.
      • Comte ambassadeur. D’azur à la tête de lion arrachée d’argent.
      • Comte officier de la maison de l’Empereur. D’azur au portique ouvert à deux colonnes surmontées d’un fronton d’or et accompagné des lettres D. A. de même.
      • Comte officier de la maison des princes. D’azur au portique ouvert à deux colonnes surmonté d’un fronton d’or accompagné des lettres D. J. de même.
      • Comte préfet. D’azur à la muraille crénelée d’or surmontée d’une branche de chêne de même.
      • Comte maire. D’azur à la muraille crénelée d’or.
      • Comte militaire. D’azur à l’épée haute en pal d’argent montée d’or,
      • Comte archevêque. D’azur à la croix pattée d’or.

      Les barons de l’Empire français chargent d’un franc-quartier à sénestre, qui est pour:

      • Baron ambassadeur. De gueules à la tête de lion arrachée d’argent.
      • Baron conseiller d’État. Échiqueté de gueules et d’or.
      • Baron officier de la maison de l’Empereur.’ De gueules au portique ouvert à deux colonnes surmontées d’un fronton d’argent accompagné des lettres initiales D. A. de même.
      • Baron officier des maisons des princes. De gueules au portique ouvert à deux colonnes surmonté d’un fronton d’argent accompagné des lettres D. J. de même.
      • Baron préfet. De gueules à la muraille crénelée d’argent surmontée d’une branche de chêne de même.
      • Baron sous-préfet. De gueules à la muraille non crénelée d’argent, surmontée d’une branche d’olivier de même.
      • Baron maire. De gueules à la muraille crénelée d’argent.
      • Baron militaire. De gueules à l’épée haute en pal d’argent.
      • Baron évêque. De gueules à la croix alezée d’or.

      Les chevaliers portent la croix de la Légion d’honneur sur l’une des pièces honorables de l’écu.

      Magistrature

      • Président et procureur général de la Cour de cassation. Franc-quartier à sénestre de gueules à la balance d’argent.
      • Président et procureur général des Cours impériales. Franc-quartier à sénestre de gueules à la toque de sable retroussée d’hermine.
      • Attributs des villes ayant titre de bonnes villes.

        • Villes de premier ordre. Couronne murale à sept créneaux d’or, sommée d’une aigle naissant pour cimier, traversée d’un caducée auquel sont suspendues deux guirlandes, l’une à dextre de chêne, l’autre à sénestre d’olivier, le tout d’or, nouées par des bandelettes de gueules. (L’écu chargé d’un chef de gueules a trois abeilles d’or posées en fasce.)
        • Villes de deuxième ordre. Couronne murale à cinq créneaux d’argent, traversée d’un caducée auquel sont suspendues deux guirlandes, l’une à dextre d’olivier, l’autre à sénestre de chêne, aussi d’argent, nouées par des bandelettes d’azur. (Franc-quartier à dextre d’azur à un N d’or surmonté d’une étoile. rayonnante de même.)
        • Villes de troisième ordre. Corbeille remplie de gerbes d’or pour cimier, à laquelle sont suspendues deux guirlandes, l’une à dextre d’olivier, l’autre à sénestre de chêne, toutes deux de sinople, bandelettes de gueules. (Franc-quartier à sénestre de gueules à un N d’argent surmonté d’une étoile rayonnante de même.)

        Annexe: les planches

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